Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue

« Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. » Luc 15. 6
L'AGNEAU NAVAJO

« Qu'as-tu, Nabash ? » De grosses larmes roulent sur les joues de la petite indienne. Elle ne veut pas répondre.

Le feu central maintient une douce chaleur dans le hogan familial, hutte de branches et de boue en forme de bol renversé, où vivent Nabash et ses parents, au sud-ouest des États-Unis. Mais le cœur de la fillette est rempli de crainte et elle se pose vraiment beaucoup de questions pour ses six ans : « Où ira mon esprit quand il quittera mon corps ? »

— « Avec les démons l » répond toujours sa mère. Nabash a peur de mourir. Elle aime entendre son père raconter les histoires de la religion navajo mais elle ne connaît pas le vrai Dieu.

Quand elle eut huit ans, ses parents décidèrent de l'envoyer à l'école, ce qui était un grand privilège pour une petite indienne. Excitée et triste à la fois, elle franchit les collines qui l'éloignaient de sa famille, vers sa nouvelle vie. Quelle étrange école où beaucoup de filles de tout âge dormaient dans un grand dortoir ! Leurs habits différaient complètement des siens ! On l'appela Dorothée, ce qui signifie «don de Dieu», mais elle ne le savait pas encore.

Chaque semaine, un homme blanc venait à l'école pour raconter aux enfants des histoires de la Bible mais les parents de Dorothée lui avaient dit de ne jamais quitter la religion navajo, de ne pas oublier leurs dieux. Elle voulait aller au ciel des Indiens et non dans celui des chrétiens. Elle était persuadée que c'était des endroits tout à fait différents !

Quand elle eut atteint le niveau de la quatrième classe, elle entra à l'école de la mission. Comme on y lisait chaque jour des histoires bibliques, Dorothée était bien obligée d'écouter un petit peu.

Quand elle rentra à la maison pour les vacances de printemps, c'était la saison où naissent les agneaux : elle aimait beaucoup s'occuper des jeunes agneaux. Un soir, au moment où elle les mettait au corral (enclos pour les troupeaux), elle s'aperçut qu'il en manquait un. « Je vais aller à sa recherche avant qu'un coyote ne le mange » décida-t-elle. Comme elle se dépêchait, une des histoires entendues à l'école lui revint à l'esprit : celle du Bon Berger qui cherche sa brebis perdue jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Elle se souvint aussi comment Dieu répond à la prière. Certainement, ce grand Dieu pouvait voir maintenant son agneau perdu. Pourtant tout autour d'elle, aucune trace ! S'arrêtant près d'un cactus, elle inclina la tête : « Cher Dieu du ciel, pria-t-elle, tu sais où est mon agneau. Peux-tu me le montrer ? » Comme elle priait, elle vit clairement dans son esprit l'image de son agneau étendu sous des buissons à un endroit où elle était déjà passé. Elle y courut, l'agneau était bien là ! Quelle joie ! Elle le prit dans ses bras pour retourner à la maison. Elle réfléchissait : n'était-elle pas, elle, comme cet agneau, perdue dans la nuit du péché, et le Seigneur Jésus la cherchait encore. Pourquoi ne se donnerait-elle pas à Lui cette nuit même ? Serrant étroitement son agneau sur son cœur, elle sut qu'elle désirait très fort être gardée, elle aussi, dans les bras du Bon Berger, et, s'agenouillant sur l'herbe de la colline, elle se donna à Lui.

Ses vieilles craintes ne revinrent plus jamais l'assaillir car elle crut les paroles du Sauveur :

« Mes brebis écoutent ma voix et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. » Jean 10. 27-28

De retour à l'école, elle déclara à tous qu'elle appartenait au Seigneur et fut baptisée. Ses parents en étaient très fâchés. Dorothée avait besoin d'être opérée des yeux mais ses parents n'y consentaient pas : « Je sais ce dont tu as besoin, dit son père, pas de l'opération d'un homme blanc mais d'une yeibichai ». Une yeibichai était une danse païenne de neuf jours, conduite par le sorcier. La fillette savait bien que cela ne la guérirait pas car les dieux de son peuple n'avaient aucun pouvoir. Après le passage du sorcier, ce serait pire ! Oh, combien elle désirait que son peuple apprenne à connaître et aimer le Dieu vivant qui seul pouvait l'aider ! Quand elle refusa la cérémonie de la yeibichai, son père la gronda sévèrement, ce qui la remplit de tristesse mais le Saint Esprit de Dieu la réconforta en lui rappellent ce verset : « Ma grâce te suffit. » 2 Corinthiens 12. 9

En grandissant, Dorothée continua à montrer le chemin de la lumière et son peuple apprit peu à peu à connaître le Seigneur Jésus. La colère de son père se changea en fierté et, bien que n'ayant pas accepté Jésus comme son Sauveur, il présentait Dorothée en disant : « Ma fille, qui est missionnaire  » ! Peu après sa conversion, Dorothée avait demandé à Dieu de le servir. Un jour elle trouva dans sa Bible le verset 8 d'Éphésiens 2 : « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ». Le don de Dieu ! C'était le sens de son nom ! Il lui sembla que Dieu lui disait : « Je t'ai fait don de la vie éternelle par Jésus Christ, maintenant je veux que tu te donnes à ton propre peuple pour les amener à moi ».

Dorothée subit avec succès une opération des yeux et aujourd'hui encore, elle est heureuse d'annoncer aux Indiens Navajos que :

« DIEU A TANT AIMÉ LE MONDE, QU'IL A DONNÉ SON FILS UNIQUE, AFIN QUE QUICONQUE CROIT EN LUI NE PÉRISSE PAS MAIS QU'IL AIT LA VIE ÉTERNELLE. » Jean 3. 16

Voici l'histoire racontée par le Seigneur Jésus, dont s'est souvenue Dorothée :

« Quel est l'homme d'entre vous, qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s'en aille après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée ? Et l'ayant trouvée, il la met sur ses propres épaules, bien joyeux ; et, étant de retour à la maison, il appelle les amis et les voisins, leur disant : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé ma brebis perdue. Je vous dis, qu'ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. » Luc 15. 4 à 7

Es-tu parmi les justes, ceux qui se croient justes, même si l'Écriture dit : « Il n'y a pas de juste, non pas même un seul... car il n'y a pas de différence, car tous ont péché... », Romains 3. 10 à 23 ou parmi ceux qui se savent pécheurs perdus et qui se confient dans le Bon Berger, comme Dorothée, car Jésus lui-même a dit : « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Luc 19. 10

Publié le 20.07.1985


Télécharger le PDFRéjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue